Du Nouveau chez Rimbaud

« ne rien s’attribuer à soi-même » (Germain Nouveau)

Ce blog ne reprend pas les faits et arguments du livre.
Il aborde d’autres problèmes périphériques.

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sur la page de présentation de l’éditeur.

Je remercie d’avance les lecteurs de prendre la peine d’examiner avec calme la cohérence de mon essai ainsi que les éléments nouveaux ponctuellement apportés dans les revues scientifiques qui le confirment.

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L’histoire de la littérature est aussi faite d’erreurs, de rectifications, qui mettent parfois du temps à être admises. Un cas intéressant : les Illuminations, ce « recueil » non autorisé constitué par des éditeurs rassemblant des textes épars qui arrivaient sous leur main, et dont le contenu a beaucoup varié encore. Les manuscrits repris dans les éditions actuelles (depuis 1949) ont été copiés par les poètes Germain Nouveau et Arthur Rimbaud. Ils portent l’écriture des deux poètes et ne sont ni signés de manière autographe, ni revendiqués par Rimbaud. D’un point de vue méthodologique, il faut se demander : y a-t-il de éléments, des particularités dans les transcriptions, qui permettent de savoir si celui qui écrit est auteur ou copiste d’un autre texte ? Depuis peu, on sait que Rimbaud a endossé le rôle du copiste à la même époque. Or les manuscrits de la main de Rimbaud montrent des signes évidents de copiste. L’étude que nous présentons permet d’affirmer :

Non ! Rimbaud ne peut pas être l’auteur des Illuminations !

 Le « problème » des Illuminations a été restreint à celui de sa datation. Il était mal posé : cet ensemble de textes transcrits par Rimbaud et Nouveau n’est ni antérieur ni postérieur à Une saison en enfer, il est extérieur. Et tout laisse à penser que Rimbaud, comme il le dit dans « Adieu », a effectivement terminé son activité littéraire avec ce véritable chef-d’œuvre qu’est Une saison en enfer.

Un commentaire

  1. Nous n’entrerons pas dans les diverses polémiques dogmatiques voire lapidaires et injurieuses entretenues par des personnes qui n’ont pas lu le livre. Nous l’avons lu.

    Cet ouvrage courageux nous semble d’une importance considérable en ce qu’il touche au fondement même de la recherche, quelle qu’elle soit. Il ne considère pas comme vérité inébranlable ce qui a été antérieurement établi, il le vérifie, en tire des hypothèses et provoque un débat. Eddie Breuil, constatant notamment les différences entre les éditions successives des dites « Illuminations », s’est interrogé à ce propos, a cherché à retracer le parcours de ce qui est communément considéré comme un recueil écrit et construit par Arthur Rimbaud. Et sa conclusion est tout autre. Son argumentation est étayée, précise et convaincante. A nos yeux, son essai a au minimum le mérite de mettre en évidence ce qui apparaît comme « une géniale erreur éditoriale ».

    Ce n’est pas la première fois qu’un chercheur est confronté au mythe Rimbaud. En 1963-1964, Jacques Lovichi a écrit « Le cas Germain Nouveau », thèse dans laquelle il a eu le malheur d’oser avancer l’hypothèse que Germain Nouveau aurait beaucoup plus contribué à la rédaction des « Illuminations » que ce qui est généralement admis (à savoir comme copiste). Il n’a même pas pu présenter cette thèse… (à ce propos, lire Jacques Lovichi, « Germain Nouveau, précurseur du surréalisme ? », Autre Sud/Autres Temps, 2005). Les choses n’auraient-elles pas changé dans la France des Lumières, bien que mai 68 soit passé par là ?

    L’idée, par ailleurs argumentée, que Rimbaud ne serait pas l’auteur de tout ou partie des dites « Illuminations » ne nous semble pas hérétique. Ni celle que Germain Nouveau serait l’auteur de certaines pièces. L’argumentation de Eddie Breuil ainsi que notre connaissance de la vie et l’œuvre de Nouveau nous poussent même à le penser. Dans le recueil « Quelques premiers vers » que nous avons édité, nous soulignions le fait que les poèmes de Germain Nouveau considérés comme les meilleurs ont souvent été soupçonnés soit d’avoir été copiés, soit d’avoir été écrits par Rimbaud ou Verlaine. Qui a écrit les textes composant les « Illuminations » ? Nous pensons que la question mérite d’être posée et qu’elle doit susciter un débat digne. Et le livre de Eddie Breuil mérite d’être lu.

    Jean-Philippe de Wind et Pascale Vandegeerde

    Les éditeurs de l’ouvrage :
    « Germain Nouveau, Quelques premiers vers » publié par la Société de découragement de l’escrime, Bruxelles, 2009. 12 euros + frais de port.
    premiersversgn@yahoo.fr

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