« Dévotion » et « Démocratie », un seul feuillet ?

Dans le recueil Illuminations, on trouve les deux textes « Dévotion » et « Démocratie ». Ils ont été inclus d‘abord tardivement, dans les dernières places (7e et 8e positions) de la dernière et très problématique livraison (9e) de la revue La Vogue de 1886. Puis, dans toutes les éditions. Appartiennent-ils au même projet ? La question n’a pas été posée, bien qu’elle soit légitime.

Il est important de rappeler qu’il s’agit des deux seuls poèmes publiés dans ce recueil pour lesquels on ne connaît pas les manuscrits, ni même la description matérielle de ces manuscrits.

Malgré tout, on a écrit à leur sujet :

– « Dévotion » et « Démocratie » sont des « poèmes isolés sur un seul feuillet » [éd. des Illuminations de 1985 par A. Guyaux, p. 304].

– « Dévotion » et « Démocratie » sont des « textes figurant sur des feuillets séparés » [M. Murat, L’Art de Rimbaud, 2002, p. 279].

Pourtant, rien ne permet d’affirmer cela. On ignore toujours comment ont été copiés ces deux textes, par qui, et s’ils figurent sur un ou plusieurs feuillets, s’ils sont transcrits sur des feuillets indépendants ou non, etc. On ne pourra apporter de précisions que si ces manuscrits réapparaissaient.

Néanmoins, ces vérités trop hâtivement formulées sont nombreuses concernant les Illuminations, c’est pourquoi il est nécessaire de reprendre une à une les différentes vérités qui se seraient imposées. Parmi les éléments méritant d’être réexaminés (la liste n’est pas exhaustive) :

– le titre (des discussions portent sur le fait de savoir s’il faut parler des « Illuminations » ou de « Les Illuminations »… alors qu’on ne connaît aucune inscription autorisée d’un tel titre. D’autres questions tout aussi légitimes pourraient-être : est-ce que ce mot réfère au contenu constitué par la tradition éditoriale, était-ce un titre ou un mot pris comme titre ?) ;

– la notion de recueil cohérent (nombreux sont ceux qui le présentent encore comme ayant un début et une fin… alors qu’il s’agit clairement d’un recueil non autorisé constitué arbitrairement) ;

– le contenu précis (la version de Bouillane de Lacoste de 1949 a enlevé les vers, a intégré des proses – y compris « Bethsaïda » – et s’est aujourd’hui imposée à l’exception de « Bethsaïda »… alors qu’elle s’est constituée à partir d’une série de raisonnements erronés. N’y aurait-il pas encore plusieurs autres poèmes appartenant à des projets différents, mêlés dans la forme actuelle du recueil ?) ;

– etc.

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